Le débourrage est déterminant dans la vie d'un jeune cheval. C'est une étape qui n'est pas à prendre à la légère.
Il y a maintes façons de s'y prendre et pas seulement une "bonne", néanmoins, il en existe de très mauvaises...
Préférer un travail à pied
Certains pourraient dire: "cela va de soi!"
Mais ce n'est évident pour tout le monde. Lorsque l'on débute dans l'équitation, on ne peut toujours être sûr de ce qui est bon ou de ce qui ne l'est pas; et même en prenant de l'expérience, l'on a parfois encore des doutes sur certains points.
Concrètement
*En premier lieu, le Respect:
Primordial. Si vous ne gagnez pas son respect, vous ne gagnerez pas sa confiance et il ne vous donnera jamais le meilleur de lui-même et ainsi, quelque que soit les sentiments que vous lui prêtez, quel que soit ceux qu'il vous porte, votre compagnon ne sera jamais avec vous ni pour vous. Il faut savoir que le cheval réagit selon un ordre social bien établi. La hierarchie dicte sa conduite et cela dès son premier souffle sur terre. C'est l'opposition du dominé et du dominant.
==Dans un troupeau, il y a toujours un chef qui régit la vie des autres. Il prend soin d'eux et en échange, bénéficie de bon nombre d'avantages non négligeables. ; ).
On voit souvent des poulains "machouiller" pour montrer leur soumission face à un autre cheval. Dans notre language, cela reviendrait à: "Ne me fais pas de mal, je suis plus faible que toi, protège-moi." La confiance est le respect sont accordés.
Si vous voulez obtenir une "vraie" relation, il faudra en passer par là.
*Récompense et punition:
Votre cheval n'agit pas comme vous le souhaitez, laissez-le se punir de lui même. Réitérer votre demande sans laisser de pose, jusqu'à arriver à l'effet escompter. Ne demandez pas trop, le moindre mouvement dans le sens positif est rien que suffisant. Alors, arrêtez-vous, faîtes une pause et récompenser EN PLUS.
*Maîtrise de soi:
Apprenez à contrôler vos humeurs. L'équitation est une école de patience. Et si vous ne l'êtes pas, exercez! Stresse, colère, angoisse, déprime, déconcentration... En montant à cheval comblé de pareilles humeurs, vous pouvez être sûr que l'on ressentira vos sentiments, à travers votre monture.
==Le cheval est comme un miroir de vous-même et le problème est que, tout ce que vous ressentez, vous le lui transmettrai au centuple.
Néanmoins, pour ce qui est de la joie, ne la contraignez pas. Le cheval a toujours besoin qu'on lui explique ce qui est bien ou mal, les "oui" et "non" ne suffisent pas. Mettez-y du coeur! Rappelez-vous, ils ressentent comme personnes vos émotions et sentiments.
*Eliminer les appréhensions dûent à l'inconnu:
Un petit parcous sans peur s'applique indubitablement dans l'apprentissage!
Bâches, eau, produits (surtout vaporisateur), barres au sol, sachets plastiques, chiffons aux couleurs criardes,
musiques, stick ou chambrière, mais aussi corde.
==Si votre compagnon devait un jour paniqué en sentant un grillage, une corde ou quoi que ce soit d'autre qui pourraient le "menacer" (car il faut se rappeler que le cheval est une proie et réagit donc par la défense) cela pourrait vous être tragique. Habituez-le donc à sentir le contact d'un stick, de sachets, de corde sur toutes les parcelles de sa peau; principalement les fesses, le long des membres; que ce soit canons ou tendons, et surtout, au-dessus de lui.
Présentez-lui toutes choses et laissez renifler pour identifier car l'odorat est un facteur majeur de la reconnaissance chez l'équidé.
*Prendre les pieds:
A ne pas manquer de faire si possible plusieurs fois par jour. Et le plus tôt possible sera le mieux.
==Apprendre à un petit dadou de 200 kilos à donner les pieds et moins conséquent qu'à un bon bourrin de 800 kilos! ^^ Et si un coup, par réflexe, devait partir, vous sentiriez la différence.
Profitez de cet apprentissage pour lui inculquer quelques mouvements qui pourraient vous être très utiles.
Faîtes-lui allonger un antérieur), bien tendu, en avant et gardez-le levé quelques secondes, tenez bon! Si le cheval pousse un soupir ou gémissement en se plaçant quelque peu en arrière et en mettant plus de poids dans le membre, il s'éttire et vous pouvez être sûr qu'il vous donnera le pied avec beaucoup plus de facilité la prochaine fois. Deuxièmement, lorsque vous montez votre cheval, des plis de peau se coincent sous la sangle; ce pourquoi il est important que votre compagnon sache tendre le pied en avant, il appréciera que l'on décoince ces plis en lui tenant le membre tendu.
*Pansage:
Non seulement cela lui permet de vous exprimer ses petits tracas comme les bobos, les allergies, les contractures musculaires, les infections du sabot, les endroits qui le démangent; mais en plus, cela vous apportera un échange affectif intense. On ne le penserait pas toujours, mais le cheval aime pouvoir se faire chouchouter. Grattez-le à plusieurs endroits et s'il remue la tête, lève l'encolure, vous êtes sur la bonne voie. ^^ Vous êtes dominant, vous devez le protéger et... lui apporter le confort aussi bien psychique que physique. Il vous en sera extrêmement reconnaissant et se penchera pour sentir votre odeur: "Sympa celui-là, faudra que je m'en rappel." Et hop, un bon point supplémentaire, un nouvel ami. =D
Cela peut paraître bien mineur, mais il est assuré qu'un cheval chouchouté, qui se sent aimé, ira toujours plus loin que l'un de ses compagnons, monté avec des gants blancs, des bottes bien cirées, un équipement impeccable, mais qui ne connaît pas l'intimité avec son cavalier. Je ne dis pas que l'on ne peut allier une monte impeccable, mais nombreux sont les chevaux seulement monter en carrière. Et la monte à cru? Le grand galop en licol? Les ballades avec d'autres chevaux en liberté derrière-vous?
Pur bonheur ^^